Un agent de sécurité débutant est rémunéré au coefficient 120 de la convention collective de la prévention et de la sécurité, soit 1 883,85 euros brut par mois en 2026. Ce minimum conventionnel ne dépasse le SMIC que de 16,83 euros : l'essentiel de la rémunération se joue dans les majorations et les primes.
Les chiffres qui décident
- Minimum conventionnel d'entrée, coefficient 120 : 1 883,85 euros brut par mois pour 151,67 heures.
- Écart avec le SMIC de juin 2026 : 16,83 euros, soit moins de 1 %.
- Nuit et dimanche majorés de 10 % chacun et cumulables ; jour férié majoré de 100 %.
- Le SSIAP 1 fait passer au coefficient 140, la première marche réellement rémunératrice de la grille.
Combien gagne un agent de sécurité en 2026 ?
Le salaire d'un agent de sécurité qualifié débute à 1 883,85 euros brut par mois pour un temps plein de 151,67 heures, soit 12,42 euros brut de l'heure. Ce montant n'est pas une moyenne observée sur le marché : c'est un plancher, le minimum conventionnel applicable à tout salarié de la sécurité privée, quelle que soit l'entreprise qui l'emploie. Aucune agence de surveillance ne peut légalement payer moins un agent doté de sa carte professionnelle.
Ce plancher explique pourquoi les chiffres publiés varient autant d'une source à l'autre. Les sites d'offres d'emploi indiquent des moyennes comprises entre 1 900 et 2 300 euros brut selon les déclarations de salariés, mais ces montants agrègent des situations très différentes : un agent affecté à la surveillance d'un magasin, un agent d'accueil et de contrôle d'accès en journée, un rondier qui travaille de nuit et un agent de sûreté aéroportuaire ne perçoivent pas la même chose pour un coefficient identique. La grille fixe la base ; ce sont les conditions de la mission qui font l'écart.
La comparaison avec le SMIC est le chiffre le plus parlant du métier. Le SMIC mensuel brut a été porté à 1 867,02 euros au 1er juin 2026, après une première revalorisation en janvier. Le minimum conventionnel du coefficient 120 le dépasse donc de 16,83 euros par mois, soit onze centimes de l'heure. Un agent employé au premier coefficient de la grille est, en pratique, payé au niveau du salaire minimum légal. Cette proximité est structurelle et elle commande tout le reste de la fiche de paie.
La grille des salaires de la convention collective (IDCC 1351)
La sécurité privée relève d'une convention collective unique, identifiée par le code IDCC 1351 et publiée sous la brochure 3196. Cette convention collective couvre la surveillance humaine, le gardiennage, la sécurité incendie, la télésurveillance et le transport de fonds, activités encadrées par les articles du livre VI du code de la sécurité intérieure. Ses minima ont été revalorisés de 2,8 % au 1er janvier 2026, dernière étape de l'accord triennal du 25 septembre 2023 signé par les partenaires sociaux de la branche.
| Coefficient | Fonction type | Brut mensuel 2026 |
|---|---|---|
| AE 120 | Agent de sécurité débutant, titulaire du CQP APS | 1 883,85 euros |
| AE 130 | Agent confirmé, poste de filtrage ou d'accueil du public | 1 908,54 euros |
| AE 140 | Chef de poste, agent de sécurité incendie SSIAP 1 | 1 965,78 euros |
| AE 150 | Agent d'exploitation qualifié, missions techniques | 2 039,33 euros |
| AM 150 | Agent de maîtrise, encadrement d'une équipe | 2 234,30 euros |
| AM 185 | Responsable de site, chef de service | 2 666,29 euros |
| Cadre 300 | Cadre position I, direction opérationnelle | 2 968,47 euros |
Comment se lit un coefficient
Le coefficient n'est pas une note de mérite, c'est la traduction chiffrée d'une fonction. La convention classe les salariés en trois catégories : les agents d'exploitation, notés AE, qui regroupent la quasi-totalité des agents de terrain ; les agents de maîtrise, notés AM, qui encadrent ; et les cadres. Chaque catégorie est découpée en niveaux et en échelons, et c'est le croisement des deux qui donne le coefficient inscrit sur le contrat de travail. L'échelon traduit le degré d'autonomie attendu sur le poste. Un agent qui change de mission sans changer de fonction ne change pas de coefficient.
Ce point est la source du principal malentendu du secteur. Beaucoup d'agents pensent que l'ancienneté fait monter automatiquement le coefficient : elle ne le fait pas. L'ancienneté ouvre droit à une prime distincte, calculée en pourcentage, mais le coefficient ne bouge qu'avec la fonction réellement exercée ou avec une qualification nouvelle. C'est la raison pour laquelle une certification comme le SSIAP est le levier salarial le plus direct du métier.
Au-delà des agents d'exploitation
Le passage d'agent d'exploitation à agent de maîtrise est la rupture la plus nette de la grille. Au coefficient 150, un agent d'exploitation touche 2 039,33 euros et un agent de maîtrise 2 234,30 euros : près de 200 euros d'écart pour un coefficient identique, parce que la catégorie change. Ce saut correspond à une prise de responsabilité réelle, encadrement d'équipe ou gestion d'un site, et non à une simple ancienneté supplémentaire.
Quand la grille est-elle revalorisée
Les minima de la sécurité privée ne suivent pas l'inflation au fil de l'eau : ils sont renégociés par les partenaires sociaux de la branche, puis fixés par avenant. L'accord triennal du 25 septembre 2023 a programmé trois hausses successives, dont la dernière est entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Une nouvelle négociation annuelle obligatoire doit donc rouvrir le sujet de la revalorisation pour les exercices suivants, et c'est elle qu'il faut surveiller pour anticiper la prochaine revalorisation.
Un avenant salarial ne s'impose pas immédiatement à tout le monde. Tant qu'il n'est pas étendu, il n'oblige que les entreprises adhérentes aux organisations signataires. C'est l'arrêté d'extension, publié au Journal officiel, qui rend le nouveau barème applicable à l'ensemble de la branche. Entre la signature et cet arrêté, il peut s'écouler plusieurs mois : un agent qui constate un décalage entre le montant annoncé dans la presse spécialisée et celui de son bulletin regarde donc d'abord la date de publication du texte.
Un dernier mécanisme protège le premier coefficient et il joue plus souvent qu'on ne le croit. Le SMIC est revalorisé au moins une fois par an, et davantage lorsque l'inflation le déclenche : il l'a été deux fois en 2026, en janvier puis en juin. Quand une de ces hausses passe devant le minimum conventionnel d'entrée, ce dernier devient inopérant et l'employeur doit verser le SMIC. C'est précisément l'écart de 16,83 euros mesuré plus haut qui rend cette situation possible à chaque revalorisation.
Du brut au net : ce qui reste réellement
Les cotisations salariales représentent de l'ordre de 22 % du brut dans le secteur privé. Un agent au coefficient 120 perçoit donc environ 1 470 euros net avant impôt sur le revenu, et un chef de poste au coefficient 140 environ 1 530 euros. Ces montants sont des ordres de grandeur : le taux exact dépend de la mutuelle d'entreprise, de la prévoyance et du taux de prélèvement à la source propre à chaque salarié.
Le calcul mérite d'être fait sur une fiche de paie complète, pas sur le seul salaire de base. Un agent qui travaille régulièrement de nuit, le dimanche et les jours fériés voit son net mensuel s'écarter sensiblement du minimum conventionnel, parfois de 200 à 300 euros. À l'inverse, un agent dont le contrat prévoit un temps partiel sur des vacations de jour reste très proche du plancher. Comparer deux offres du secteur sur le seul coefficient annoncé n'a donc pas grand sens : il faut regarder le planning.
Les majorations d'horaires : nuit, dimanche, jours fériés
Le travail de nuit, entre 21 heures et 6 heures, est majoré de 10 % du taux horaire de base. Cette majoration est due dès la première heure travaillée dans la plage, sans condition d'ancienneté ni de qualification. Pour un agent au coefficient 120, elle représente environ 1,24 euro par heure de nuit.
Le travail du dimanche est majoré dans les mêmes proportions, à hauteur de 10 %. Les deux majorations se cumulent : une nuit de dimanche est donc payée 20 % au-dessus du taux normal. C'est un point régulièrement mal compris, y compris par des agents en poste depuis plusieurs années, et il vaut la peine de vérifier son bulletin de paie sur ce point précis.
Les jours fériés relèvent d'un régime beaucoup plus favorable, avec une majoration de 100 %. L'employeur peut, au choix, remplacer cette majoration par un jour de repos compensateur. Un agent qui travaille la nuit du 31 décembre au 1er janvier cumule les trois dispositifs : nuit, dimanche le cas échéant, et jour férié. Ces heures-là sont les mieux payées de l'année, et elles expliquent pourquoi les plannings de fin d'année se remplissent sans difficulté.
Ces majorations sont la raison pour laquelle le métier reste attractif malgré un plancher au niveau du SMIC. Un rondier intervenant affecté à des vacations de nuit perçoit mécaniquement davantage qu'un agent de jour au même coefficient, sans qualification supplémentaire. Le choix des horaires est, dans ce secteur, une décision de rémunération autant qu'une contrainte de vie personnelle.
Les primes qui s'ajoutent au salaire de base
La prime de panier est versée pour toute vacation d'au moins six heures continues et s'élève à 4,48 euros. Elle est portée à 6,87 euros pour le personnel affecté aux activités aéroportuaires. Il s'agit d'une indemnité, non d'un élément de salaire : elle n'entre pas dans l'assiette des majorations et n'est pas soumise aux mêmes cotisations.
La prime d'ancienneté est le seul élément qui progresse avec le temps passé dans l'entreprise. Elle est calculée en pourcentage du minimum conventionnel correspondant au coefficient de l'agent et suit une échelle fixée par la convention : 2 % après quatre ans, 5 % après sept ans, 8 % après dix ans, 10 % après douze ans et 12 % après quinze ans. Attention, cette ancienneté se compte dans l'entreprise et non dans le secteur : un agent qui change d'employeur repart de zéro sur ce point, ce qui pèse lourd dans la décision de quitter une agence.
Deux autres indemnités sont dues et souvent oubliées. La prime d'habillage et de déshabillage rémunère le temps passé à revêtir la tenue, sur la base d'un forfait de dix minutes par jour travaillé calculé au coefficient 140. Une indemnité d'entretien des tenues est également versée chaque mois ; son montant a été revalorisé plusieurs fois et il est prudent de le vérifier dans l'avenant en vigueur plutôt que de se fier à un chiffre trouvé en ligne. S'y ajoute, sous condition d'ancienneté, une prime annuelle conventionnelle généralement versée en novembre.
Les agents cynophiles bénéficient d'un régime propre. Une indemnité couvre l'entretien et le transport du chien, dont le montant varie avec la distance parcourue. Cette spécialité fait partie des rares voies qui améliorent la rémunération sans passer par l'encadrement, et elle suppose une formation cynophile validée ainsi qu'une mention spécifique sur la carte professionnelle.
Le salaire d'un agent de sécurité incendie (SSIAP)
Un agent de sécurité incendie titulaire du SSIAP 1 est classé au coefficient 140, soit 1 965,78 euros brut par mois. L'écart avec le coefficient 120 est de 81,93 euros mensuels, environ 980 euros sur une année pleine. Rapporté au coût et à la durée de la formation, c'est le retour sur investissement le plus rapide de la sécurité privée, et c'est la première décision que se pose tout agent qui veut sortir du plancher conventionnel.
Les niveaux supérieurs suivent la même logique de fonction. Le SSIAP 2 correspond à un rôle de chef d'équipe de sécurité incendie et le SSIAP 3 à celui de chef de service, avec des classifications qui relèvent respectivement de la maîtrise et de fonctions d'encadrement supérieur. La différence de missions entre les trois niveaux est réelle et détermine directement la catégorie de classement : nous la détaillons dans notre comparaison des trois niveaux de qualification incendie.
Ces qualifications se perdent si elles ne sont pas entretenues. Le maintien du diplôme suppose un recyclage périodique, faute de quoi l'agent ne peut plus être affecté à un poste de sécurité incendie et retombe sur la classification correspondant à sa fonction réelle. Ce déclassement de coefficient faute de recyclage est une situation fréquente et parfaitement évitable.
Comment le salaire évolue avec l'expérience
L'évolution salariale d'un agent de sécurité repose sur trois leviers distincts, et un seul dépend du temps. Le premier est la qualification : chaque certification nouvelle ouvre l'accès à des postes mieux classés, parce qu'elle engage la qualité de la prestation vendue au client. Le deuxième est la fonction, c'est-à-dire le passage à l'encadrement, seul chemin vers les catégories maîtrise et cadre. Le troisième est l'ancienneté, qui alimente la prime décrite plus haut mais ne touche pas au coefficient.
Les spécialités techniques constituent la voie la plus accessible. Vidéosurveillance, sûreté aéroportuaire, palpation, habilitation électrique, protection rapprochée : chacune de ces qualifications élargit le champ des missions et, par conséquent, celui des postes accessibles. La sûreté aéroportuaire se distingue par ses conditions particulières, avec une prime de panier plus élevée et des horaires très décalés qui déclenchent régulièrement les majorations.
Au sommet du parcours, certains agents créent leur propre structure. Diriger une entreprise de sécurité privée suppose une carte de dirigeant délivrée après examen du dossier par les services de l'État, distincte de la carte professionnelle d'agent. Ce statut de dirigeant change entièrement l'échelle de rémunération mais sort du cadre de la grille conventionnelle, qui ne s'applique qu'aux salariés. Un dirigeant se rémunère sur les résultats de sa structure, et non sur un coefficient. Une partie des agents choisit une voie intermédiaire, celle de formateur en centre agréé, qui valorise l'expertise de terrain sans quitter le salariat et permet de devenir expert d'une spécialité.
Quelle formation pour accéder à ces niveaux
Aucune rémunération n'est possible sans carte professionnelle. Ce document conditionne l'exercice du métier, et son obtention comme son renouvellement passent par le CNAPS. Un agent dont la carte arrive à expiration ne peut plus être affecté sur un site, quelle que soit son ancienneté ou son coefficient.
La porte d'entrée reste le CQP APS, une formation courte de 175 heures. Dispensée en centre de formation agréé, elle donne accès au coefficient 120 et couvre la réglementation applicable, la gestion des conflits, le secourisme et l'incendie. C'est la voie que suivent la plupart de ceux qui veulent devenir agent de sécurité. Le certificat de qualification professionnelle d'agent de prévention et le titre professionnel TFP APS conduisent au même classement de départ, mais le second est parfois mieux valorisé par les employeurs lors du recrutement.
Le coût de ces formations est très largement finançable. Le compte personnel de formation, les aides de France Travail et les contrats en alternance couvrent tout ou partie des frais, et une aide de l'employeur est fréquente lorsque la qualification répond à un besoin identifié sur un site. Un centre de formation agréé sait orienter vers le dispositif d'aide adapté au statut du candidat. Se former à la protection rapprochée ou à une autre spécialité représente donc rarement un investissement personnel intégral.
Ce que les agents demandent le plus souvent
Quel est le salaire moyen d'un agent de sécurité ?
Les moyennes publiées se situent entre 1 900 et 2 300 euros brut par mois, mais elles mélangent des situations très différentes. Le repère fiable est le minimum conventionnel : 1 883,85 euros brut au coefficient 120 en 2026.
Comment est calculé le salaire d'un agent de sécurité ?
Le salaire de base correspond au minimum conventionnel du coefficient inscrit au contrat, pour 151,67 heures mensuelles. S'y ajoutent les majorations de nuit, de dimanche et de jour férié, puis les primes de panier, d'ancienneté et d'habillage.
Un agent de sécurité est-il payé au SMIC ?
Presque. Le coefficient 120 dépasse le SMIC de juin 2026 de 16,83 euros par mois seulement. Un agent au premier coefficient de la grille est donc rémunéré au niveau du salaire minimum légal, et ce sont les majorations qui creusent l'écart.
Le SSIAP augmente-t-il vraiment le salaire ?
Oui. Le SSIAP 1 fait passer au coefficient 140, soit 81,93 euros brut de plus par mois qu'au coefficient 120. C'est la progression la plus rapide accessible à un agent de terrain.
L'ancienneté fait-elle monter le coefficient ?
Non. L'ancienneté ouvre droit à une prime en pourcentage, de 2 % après quatre ans à 12 % après quinze ans, mais le coefficient ne change qu'avec la fonction exercée ou une qualification nouvelle.
Les montants cités correspondent aux minima conventionnels de la branche prévention et sécurité applicables en 2026. Ces valeurs sont revalorisées par avenant : le texte en vigueur est consultable sur Légifrance. Ce site est un guide indépendant sur la formation et n'a aucun lien avec le CNAPS ni avec les organisations professionnelles de la branche.











